27 mars 2009
Songe d'une nuit d'éther
Yep!
Comme promis, pour le week-end, du sexe, du rock, et un texte.
L'aut'jour, John Malko m'a suggéré de mettre une photo de son fantsame à lui, Scarlett Johansson. Alors comme c'est un pote et que j'aime faire plaisir à mes potes, je m'exécute.
Cadeau, Johnie:
Ah ben ça alors, y'a aussi Natalie Portman sur la photo, quelle coïncidence! Attends, je vais en chercher une autre.


Ben alors? C'est fou c't'affaire, elles sont inséparables, ces deux-là... Il doit y avoir quelque chose entre elles.
J't'avais promis du sexe, non?
Pardon Johnie, mais la cohérence du blog avant tout, tu vois bien... Et pis la musique devrait m'excuser, normalement. Le texte aussi, d'ailleurs.
En vrai, j'ai pas vraiment d'autre sujet de conversation en ce moment. Mais surtout, Natalie Portman m'obsède un peu, je dois t'avouer.
A tel point que j'en ai fait un texte. Que voici, en avant-première. Qui, après avoir cherché longuement, s'intitule Natalie.
Je suis avec Natalie Portman, à New York City, début mai 2007, je crois.
Doux mois de mai. Doux début de l’été. Doux souvenir.
Je suis avec Natalie Portman, et mes Pancakes sentent bon le sirop d’érable. Dans ce Diner d’Hells Kitchen, la cuisine ressemble plutôt au paradis, dans la brume matinale des bouches d’égout. Nous sommes côte à côte, face à la ville qui commence à s’agiter. Ce petit déjeuner a le goût de la sérénité, dans ce Diner vaguement crade. D’ailleurs, j’ai toujours trouvé ça bizarre de prendre le petit dej’ dans un Diner. Le paradoxe de la VO sous-titrée.
Je suis avec Natalie Portman, et le Guggenheim Museum nous tourne autour. On s’explose les pupilles sur les toiles de Pollock, les photos de Jeff Wall nous mettent face à la mise en scène de la réalité, l’esprit d’Andy Warhol nous répète à l’infini ce que nous sommes. La rampe circulaire du musée fini par nous faire redescendre sur terre, au milieu des taxis et des bus aussi jaunes que le soleil qui nous brûle la peau.
Je suis avec Natalie Portman, et le Flatiron Building nous semble étrangement normal. Plus petit que ses voisins, 17 étages seulement, mais carré, comme les autres. D’ailleurs, qui aurait l’idée saugrenue de bâtir un immeuble en forme de fer à repasser ? Au loin, le Chrysler Building et l’Empire State Building ont remplacé les Twins Towers. Les Hot Dogs du coin de la rue sont insipides, malgré les litres de moutarde versés dessus.
Je suis avec Natalie Portman, à une terrasse de Little Italy. Tellement l’Italie que même les bornes à incendie sont peintes aux couleurs nationales. Le restaurant est un cliché de repaire mafieux. Le patron, visage grêlé par la couperose, trône au fond de la salle. Les allées et venues de types patibulaires détourne un instant notre attention de la plâtrée de Pene qui remplit nos assiettes. Le fond de l’air est sicilien qu’il nous plonge dans une torpeur méditerranéenne.
Je suis avec Natalie Portman, et les lumières de Times Square nous éblouissent. Il est trois heures de l’après-midi, et pourtant, on y voit comme en plein jour. Le bruit ininterrompu des sirènes est feutré, les rues droites bordées d’immeubles gigantesques doivent l’alourdir. Un Cow-boy en slip joue bibliquement de la guitare au milieu de la rue, et chante à la gloire de Jésus. Les messagers de Dieu nous paraissent anachroniques, et les louanges traversent le chaos de la foule paresseuse.
Je suis avec Natalie Portman dans Central Park. Les calèches côtoient les Trishaws, les parties de baseball contrastent avec l’effervescence moite du Subway. On déambule pieds nus dans la vaste étendue d’herbe, anonymes amoureux détendus parmi les anonymes amoureux étendus. Nous devisons sur tout et rien, nous plaisantons sur rien et tout, nous avons des projets, surtout, partis de rien. Il semble que je sois particulièrement drôle à un moment donné, parce que Natalie se met à rire aux éclats.
Un rire si fort et si charmant qu’il me réveille. La télé rediffuse Léon. Songe d’une nuit d’éther.
La place vide et froide à mes côtés me rappelle, amèrement, que je ne suis pas avec Natalie Portman.
26 mars 2009
Je ne fais que passer, ne t'en fais pas
Comme scène de rencontre fantasmée, y'a aussi celle de Clara et Moi. Très joli film, avec deux acteurs dont la qualité n'est plus à prouver. Julie Gayet, toujours aussi adorable, alternativement fraîche et obscure, et Julien Boisselier, éternel gendre idéal, touchant comme à son habitude. Et une B.O. de Benjamin Biolay, pour ceux qui aiment. Un film qui donne envie de tomber amoureux, quoi.
Ou comment recycler ce qu'on voit la veille, et tenir son lectorat en haleine pour pas cher.
Oui, parceque pour le week-end, je t'ai prévu du sexe et du rock'n'roll. Pour la drogue, tu te démerdera...
A plus.
18 mars 2009
J'ai dû rêver trop fort
Yep!
Aujourd'hui, post fourre-tout.
Avec plein de trucs (parceque j'aime plein de trucs)
Dans le désordre (parceque c'est un peu l'état du dedans de ma tête en ce moment)
Alors je vais pas m'étendre sur la disparition de Monsieur Bashung, je crois que tout a déjà été dit (et que les nécros étaient prêtes depuis quelques temps déjà, cf les dernières Victoires de la musique, glauques à souhait).
Juste que c'est encore un socle de ma culture musicale qui vient de s'en aller, et qu'il va (me) manquer. Alors salut Alain, bonne nuit à toi, et embrasse Fred Chichin de ma part. Fuckin'death! Cette salope t'a choppé, fais-lui l'appeau. Et remet les cadrans à l'heure!
Ca, c'est fait.
On va pouvoir parler de la vie rêvée des anges du commun des mortels. Ou comment faire le lien incongru entre "Into the wild", "Garden State", et "Dr House". (et deux-trois autres choses, histoire que j'en profite pour te cultiver donner deux-trois pistes)(tout ce dont je te parle, j'ai amé donc je te le conseille, comme d'hab', à moins d'indication contraire)
Ces jours-ci, j'ai vu coup sur coup les deux premiers films. Ce qui m'a plu dans le premier, c'est (en dehors des considérations mystiques, quoique) la volonté de quitter sa vie pour se forger une expérience. Quitte à en mourir. Et puis les plans sont superbes, les acteurs sont confirmé dans leur excellence (Emile Hirsch, le jeune skater fougueux des seigneurs de dogtown prend un sacré coup de sérénité), Sean Penn est quand même un bon gars. J'aime la nature, la rando, et en éteignant le poste, j'ai eu direct envie de chausser les godasses, brûler mes papiers, et prendre la route. Et puis bon, il était une heure du mat', il faisait froid, je suis allé me couché en repensant aux lectures auquelles ce film faisait écho, les bouquins de Kerouac, Bukowski et consorts. J'ai passé une bonne nuit en compagnie de tous ces beatniks, merci.
Et puis j'ai regardé Garden State, parceque ça faisait quelques temps que je me disait qu'il le fallait. Parcequ'on m'en avait dit le plus grand bien, parceque Zach Braff m'a fait marrer dans Scrubs, et parceque Natalie Portman. Un idéal de femme, mon idéal de femme. Mise en valeur comme jamais dans ce film-là. Certes, c'est un film, mais elle est so cute, so sweet, so crazy, so gorgeous (oui, je regarde les films en V.O., y'a un problème?). Fille, femme, engagée, simple, mignone, charmante, sensuelle, dotée d'autodérision, déjantée juste ce qu'il faut, rassurante à la fois, elle est celle que j'attend, mais bien sûr, elle n'est qu'un fantasme. Elle n'est qu'un fantasme, de la même manière que je fantasme d'une scène de rencontre (avec elle, ce serait idéal) comme celle qu'elle vit dans Garden State ou dans Paris, je t'aime (ou pour citer un film dans lequel elle ne joue pas, Eternal sunshine of the spotless mind).
T'en veux, du fantasme de Jack? Allez, prends, plaisir d'offrir, joie de recevoir!
Il y a chaque femme dans une Port(man):
C'est à ça que je voulais en venir. Le fantasme.
Qu'on fanstasme sur une gonzesse ou sur une autre vie possible, c'est franchir le pas qui est le plus dur. Et c'est ça qui fait que l'on s'y complaît, dans le fantasme. Savoir que jamais dans ma vie je n'aurai l'occasion de prendre un café avec Natalie Portman, que jamais je ne quitterai ce monde de dingues pour aller vivre en ermite, c'est ça qui fait que j'aime l'idée de le faire. Et je suis comme toi, hein, pas la peine de me prendre pour un illuminé. Si tu passes 2h30 devant Télébouygues le mercredi soir (moi aussi, ce soir, je couperai mon téléphone), c'est parceque Greg House est ce que tu aimerais être mais que tu n'oses pas être. Tu l'aime parcequ'il est cynique, injuste, et qu'il l'assume. Et que toi, quand il s'agit d'envoyer balader les gens, tu le fait avec le sourire, parceque tu veux pas te les mettre à dos... et que dans le fond, tu n'assumes pas.
Ce qui nous fait avancer, c'est le fantasme. Sa réalisation ou non importe peu, parcequ'il arrive qu'elle nous déçoive.
Allez, pense à autre chose que ta vie, rêve, fanstasme!
Et tantôt, on reviendra à des choses triviales (ou pas).
12 mars 2009
Oups!... I do it again!
Un post documentaire, avec de l'avoine Balavoine, de l'héroïsme (je n'suis paaaaas z'un héro), des pleurs et des grincements de dents.
(mais pas de bris de nez, pire)
(les blagues entre parenthèses sont optionnelles capillotractées)
Et une reprise, parcequ'elle est bien plus poignante que la version d'origine.
Quand j'ai été embauché, y'a deux ans, on m'a dit "Tu devras mettre en place la gestion documentaire du service, y'a tout à faire".
C'était un projet ambitieux et flippant.
J'étais dynamique et volontaire content d'avoir trouvé du taf.
J'ai flippé, mais j'ai relevé le défi.
J'ai essayé de bricoler un système.
Un système qui fonctionne.
La vie était belle, les oiseaux chantaient et les filles s'arrachaient ma vertu...

Le boulot de Jack, avant le drame...
Jusqu'à ce matin, où j'ai eu confirmation d'une rumeur persistante.
Mon chef a demandé (sans me consulter) à ce que nous intégrions le logiciel de gestion documentaire de tout l'hôpital, mis en place par une direction qui vient de découvrir l'intérêt de tenir à jour les documents.
Il va falloir refaire en plus compliqué tout ce que je me suis évertué à construire, dans une usine à gaz un logiciel qui n'apporte rien de mieux en terme de fonctionnalité.
J'ai comme l'impression d'avoir une lame de 15 cm entre les omoplates... et de bosser depuis deux ans pour que dalle.
Je trouve que ça picotte un peu...
Si t'as un taf constructif à me proposer, je suis preneur. Si t'as qu'une corde, j'accepte aussi.
C'est décidé, je veux mourir malheureux.
05 mars 2009
Une crise de fourière (ou pas)
Mercredi 4 mars 2009, quelque part, 17h45.
Jack, à la bourre pour un rendez-vous en ville, cherche veinement une place depuis 10 minutes.
Jack, dans sa tête : "Putain, pas de place... Ah tiens, une place. Bon, c'est pour les livraisons, mais y'a plus de livraisons, à c't'heure."
Il se gare, va à son rendez-vous. Sort de son rendez-vous, 3/4 d'heure plus tard. Rentre chez lui, mange du caviar et boit du champagne vaque à ses occupations.
Jeudi 5 mars 2009, au même endroit, 8h15.
Jack, à la bourre pour aller bosser, va à sa voiture.
"Putain, plus de voiture".
Frayeur, fureur, Jack redoute le vol de sa voiture. Va au commissariat. Il n'aime pas bien ça, mais il a un vieux fond capitaliste qui lui fait tenir à sa propriété privée.
"Bonjour monsieur mademoiselle, j'ai plus de voiture. Elle doit être à la fourière. Enfin, j'espère." (on dit de ces conneries, parfois)
La voiture est bien à la fourière, Jack prend le bus avec la plèbe, arrive à la fourière.
"Bonjour mademoiselle monsieur, je viens récupérer ma voiture"
"Oui, ca fera 93,60€. C'est pas de bol quand même, en plus c'était juste à côté de chez vous."
"Et ta soeur, elle habite à côté de chez moi? Ben oui, c'est con"
Jack se dirige vers sa voiture, et aperçois un papier sous l'essuie-glace. Le coup de grâce :Stationnement gênant, amende forfaitaire de 35€.
"'culés, va!!!"
"L'important, c'est de participer" disait le collabo comte. Certes, j'ai joué, j'ai perdu. Mais avec une participation pareille, je vais peut-être devoir arrêter de fumer manger, moi. Parcequ'à 850 balles le défaut de stationnement, ça fait un peu mal au Livret A c't'affaire...
04 mars 2009
Demande d'asile poétique
Yopla!
C'est bien beau, les conneries, mais y faudrait voir à être sérieux 5 minutes (ou pas). Du coup, post un peu long. Pardon d'avance aux amateurs de futilités et aux adeptes de l'inepte (dont je suis, souvent parfois)
La dernière fois, j'étais en partance pour un week-end que j'attendais avec ferveur. Eh ben j'ai pas été déçu.
Pour que tu saches de quoi je parle, faisons un petit peu de contexte. L'idée, c'était d'aller à un séminaire sur la psychothérapie institutionnelle. Alors je vais faire court, si ça t'intéresse, tu vas lire là, moi j'ai pas les armes le temps de t'expliquer ce que c'est. Mais ce séminaire, c'était surtout un prétexte pour aller voir in situ cette forme alternative (et pourtant ce qui devrait être le fondement de toute thérapie) de prise en charge des personnes en errance mentale.
Oui, j'ai été dans une clinique psychiatrique, un asile, un vrai, avec des fous qui font peur t'accueillent avec le sourire et tout le toutim. Si je te dis que j'étais "du bon côté de la barrière", ce serait te mentir, parceque justement, l'idée là-bas, c'est d'abolir les barrières entre "soignants" et "soignés". Je sais pas si tu visualises un hôpital psychiatrique, mais c'est avant tout un hôpital, aseptisé à souhait, dans lequel des personnes "normales" s'occupent de psychotiques, leur donnent des cachets et leur proposent des activités sans se préoccuper de leurs envies. Grosso merdo, la psychothérapie institutionnelle soigne la structure même de l'hôpital et replace l'individu au centre des préoccupations. Du coup, les "soignés" sont associés aux prises de décisions, et deviennent acteurs de leur thérapie. Ce qui laisse place à des scènes surréalistes dans lesquelles un psychotique propose à son médecin de prendre un cachet pour se calmer...un peu comme si on disait au pôv'nain d'arrêter d'être un beauf inculte qui ne comprend rien aux enjeux politiques.
(Petite digression)
D'ailleurs, quand tu vois comment le pôv'nain considère que la folie peut être génétique, comment il se base sur un fait divers anecdotique (bien que dramatique, soyons d'accord) pour justifier la rétention de sûreté et autres abbérations comme remèdes, tu te demande s'il sait ce qu'il fait. C'est sûr que mettre un bracelet électronique à un schizophrène paranoïde, ça va bien l'aider... Et pour info, quand il prétend que les schizophrènes sont tous de dangereux criminels, il a dû oublier de lire ça (parmi tant d'autres).
(fin de la digression)
Là, soit tu te dis que c'est un truc de beatniks (l'idée date des années 50), soit tu te dis que la prise en compte de la personne, avec sa particularité propre, ça devrait être la base du fonctionnement de toute institution psychiatrique. Perso, je suis plutôt dans la seconde catégorie (et un peu dans la première, mais étant moi-même un poil beatnik...). Mais quand tu sais que le courant de la psychotérapie institutionnelle représente une infime partie de la psychiatrie (peut-être 2%), tu te dis qu'il y comme un paradoxe.
Quoiqu'il en soit, ce lieu est d'une sérénité impressionnante, un poil déstabilisante par son fonctionnement hors cadre mais tellement plus humain, et tu sors de là avec l'impression de revenir dans un monde plus fou que l'asile. Et encore, je te passe les détails sur la double aliénation que constitue la psychose, l'aliénation mentale et l'aliénation sociale. Du coup, j'ai la sensation d'assister à un cache-cache social.
Alors si je te dis que j'ai beaucoup ri et un peu pleuré aussi, parceque c'était follement poétique, que c'était bien et beau, que j'ai ressenti comme une boule dans le ventre au moment de quitter tous ces doux-dingues pour retrouver le vrai monde de fous-dangereux, que ça m'a donné envie d'approfondir mes connaissances en psycho, et que globalement, c'était à la hauteur de mes espérances, je présume que tu t'en doutais.
Mais je me rends compte que je sais pas comment retranscrire tout ça sans tomber dans le ridicule. Sans doute aussi n'ai-je pas les armes pour en parler correctement. Et peut-être que je veux, au fond, en garder une partie pour moi...
Allez, vas prendre un xanax, et tantôt, on reparlera de trucs futiles.











