30 juillet 2009
Confessée intime
Yep!
Toi aussi t'aimes rigoler devant prolos qui étalent sans pudeur leur vie misérable à la télé? T'as dix minutes devant toi? Eh ben regarde ça. Mais va pisser avant, pour éviter l'accident malencontreux...
Que ne t'avais-je pas promis du retour de rock, de bière et de grossier personnage? Parceque la guimauve, c'est bien, mais la moquerie, c'est mieux (surtout sur le physique).
Merci à Sonia pour la poilade.
28 juillet 2009
Ceci est une lettre de remerciement
Yep!
Oui, titre pas rigolo, mais explicite. Parceque "le camp sert du colon", j'ai fini par trouver ça con. Et pas dans le ton.
Post guimauve, musique guimauve (voire pourrie, selon certains, avec qui je suis d'accord)(mais je vais pas te réexpliquer pour la ènième fois que je suis aussi capable du pire)(et qu'en l'occurence, cet chanson-là m'a fait les yeux humides sur le chemin du retour)(et que de toutes façons, j't'emmerde)
Bon, comme tu le constates, parceque t'es moins con que t'en a l'air (et pourtant, dieu sait que t'en a l'air), je suis de retour dans le monde fantastique et féérique du travail, des courses au supermarché, des informations télévisées et de la boite à émail saturée. Comme tu est un lectorat assidu, tu te rappelles ce que j'ai fait pendant 15 jours. Alors oui, comme j'ai aucune originalité, ben tu vas avoir droit au compte-rendu de ces 15 derniers jours. Un compte rendu soft, parceque les gamins m'ont dit dès le début qu'ils avaient aimé (donc lu) celui de l'an dernier (je me rappelais pas leur avoir donné l'adresse, mais je suis foutraque, parfois). Bref.
Tu sais ce que c'est d'animer un camp itinérant de 14 gamins? C'est l'enfer. Voire pire. Ou pas.
C'est travailler avec des potes, que jamais tu t'engueules.
C'est apprendre l'alphabet en langue des signes, mais surtout avoir fait une putain de belle rencontre.
C'est faire vraiment de l'animation, et constater que c'est du boulot en prépa, si on veut que ca tienne la route.
C'est se pêter le dos la veille du départ. Mais s'en foutre, t'as toute l'année pour t'en remettre.
C'est élucubrer sur la liste des gamins avant le départ. Et se planter sur toute la ligne.
C'est se dire les premiers parents arrivés, "bon, c'est parti mec, fais pas le con et ca va aller".
C'est morfler physiquement et moralement, mais mettre sa souffrance et sa mauvaise humeur de côté, parceque t'es d'abord là pour les gamins. Et craquer, par moments, quand par exemple un enculé de pneu ne veux pas rentrer, qu'il fait 5 degrés, et que t'es trempé depuis 24 heures...
C'est prendre sur soi, se retenir quand un truc t'exaspère, parcequ'après tout, ils font pas exprès, et t'étais pareil à leur âge.
C'est se fendre la gueule 15 fois par jour, et finir par décider de garder un sourire niais tout le reste du séjour, c'est toujours ça de moins à faire à chaque fois.
C'est flipper sa race quand t'apprends par un coup de fil du père que t'as perdu une gamine, dans le brouillard, et que t'as aucun moyen de contacter l'anim qu'était avec elle. Se sentir morveux, aussi.
C'est l'alternance de moments dantesques et d'épisodes buccoliques.
C'est passer une nuit blanche parceque le 5ième a duré, qu'il y avait de la bière et qu'on avait besoin de décompresser. Et passer la journée du lendemain au radar complet.
C'est avoir des gamins volontaires pour les tâches de vie quotidienne, que même pas t'as à les rappeler à l'ordre.
C'est redécouvrir sa région, et se dire qu'on a quand même de la chance.
C'est plein d'autres trucs, tellements indiscibles qu'il serait déplacé d'en parler.
C'est l'émotion sincère des gamins quand ils partent. Et leurs larmes, pour certains. Qui te font penser que t'as réussi.
C'est la boutade, pour les faire rire une dernière fois et pour ne pas tomber dans le pathos de la séparation.
C'est l'écoute dans la voiture d'une chanson un peu naze, mais que tu sais qu'elle doit leur plaire, et que dans le fond, t'aimes bien... Et que tu mets en musique de fond, du coup.
C'est les larmes versées, quand t'es seul sur le chemin du retour.
Et comme de toutes façons, ils vont le lire,
C'est Adrien, 1,86 pour 80 kilos, pointure 45, 15 ans. Un gros nounours, masseur apprécié de ces dames, un bonhomme. Mais avec une gueule de minot au levé, un minot un peu pataud dans son grand corps d'athlète. (sûr qu'il va pas aimer, ca commence bien)
C'est Juliette, toujours aussi maligne, qui hésite pas à te rentrer dans le lard, au propre comme au figuré. Qui a plus d'assurance que l'année d'avant, mais qui verse quand même sa larme à la fin.
C'est Anna, avec sa peur du silence et sa crédulité incroyable. Une peur telle qu'elle en met trop de mots dans ses phrases. Et une candeur telle que tu peux lui faire croire ce que tu veux. A tel point que c'est charmant. Et pis comme elle s'en fout, et qu'elle est pétillante, c'est finalement pas bien grave.
C'est Lucie, le rire strident de l'ado prépubère qui m'exaspère, mais à côté de ça un tel sourire à tomber qu'on lui pardonne d'avoir son âge. Le genre d'ado qu'elle va faire craquer tous les mecs (si j'osais, je dirais même qu'elle a déjà commencé, n'est-ce pas B*****t?)
C'est Benoît, que t'étais resté sur une drôle d'impression l'année d'avant. Un bon gars, mais qu'aurait tendance à se laisser vivre et à profiter. Qui se révèle être exemplaire dans son attention à l'autre. Où l'adversité met en avant les atouts des gens.
C'est Joshua, son pote, le petit prince, bichon. Une gueule d'ange, doté d'un humour fin et toujours à propos, du genre parfait que t'aurais aimé être à son âge. Un futur animateur, sans problème. Qui ferait parfaitement l'affaire avec son pote Benoît.
C'est Arnaud, mec débrouillard, toujours partant, très attachant. Qui maîtrise pas encore bien sa voix de presque homme, mais que tu sais qu'il est pragmatique et qu'il va se tirer de toutes les situations. Qui pleure comme une madeleine dans le bus du retour. Et que ca te retourne le coeur.
C'est Clémence, qui s'est vachement libérée. Que tu trouve ça chouette, parcequ'elle apporte un vent de fraîcheur, un forme de naîveté touchante.
C'est Elliott, un personnage de dessin animé. Toujours une connerie à sortir, toujours une tronche pas possible à tirer, toujours dans le ton juste. Complètement accro à l'ordi, que t'es content de l'en avoir extrait pendant 15 jours.
C'est Lysiane, qui râle au début, mais que une fois que tu l'as perdue et retrouvée, elle est partante, toujours devant (ben oui, des fois qu'on la perde à nouveau). Une éclosion.
C'est Charlotte, taiseuse, qui râle jamais et se contente de remarques lapidaire. Qui finit par se livrer quand elle se sent en confiance, et qui s'avère être futée, drôle et humble. Avec un palmarès dont elle ne se vanterait pas, mais qui est impressionnant.
C'est Marie, sensible à son environnement. Pas très expensive, mais avec les pieds sur terre et la tête sur les épaules (et pas l'inverse). Courageuse, rigolote et téméraire, ce qui s'avère reposant.
C'est Matthieu, sans surprise. Nihiliste skateur metalleux morfale, une valeur sûre qui continue de me faire marrer. Du genre ado de base, à fond dans son rôle de chieur mais qu'est un vraiment bon.
C'est Marjo, qui connaît parfaitement les arcanes mais qui reste capable de s'enthousiasmer en permanence. Qui te dit "tu vas me manquer" à la fin. Que ça te surprend venant d'elle, mais que ça te touche profondément, parceque la réciproque est vachement vraie.
C'est autant de gamins que t'as considéré comme les tiens pendant deux semaines. Et du coup, quand ils partent, tu te sent vidé de quelque chose. D'où émotion, d'où manque, d'où envie de recommencer autant de fois que possible.
Et des regards échangés, des remarques à la fin, des messages qui te font dire que t'a assuré, et c'est vachement bon pour l'ego tout ça.
Vous me manquez déjà mes chatons. Love sur vous, bonne fin de vacances et à très bientôt.
PS: Je vous aime. Je vous le dis là, parceque je saurais pas vous le dire en face.
(j'avais prévenu que ce serait guimauve)
(t'inquiète, lectorat, tantôt Jack revient avec de la bière, du rock et du grossier personnage)
Et si tu veux de la musique pas (trop) guimauve qui aurait pu illustrer, écoute donc ça
09 juillet 2009
Faut pas me prendre pour un congé
Yep!
J'ai besoin d'air. De voir autre chose. De sortir de mon quotidien.
Et si je partais faire un camp itinérant avec des ados dans le Jura pendant 15 jours, tiens?
Bonne idée, je crois que je vais faire ça...
J'aimerais tant que ça dure sept ans !
(Si tu veux changer la musique, j'te prête mes disques)
Comme je disais à une (presque) collègue (la salope va faire ça à Malte, jaloux je suis), le concept de base est simple: "Fais tout pour revenir avec le même nombre de gamins que t'es parti. Pas un de moins, ni un de plus".
"A partir de là, comme elle dirait, (presque) tout est permis"
J'te cacherai pas qu'ils m'ont manqué, ces trouducs.
(tu noteras au passage que l'an dernier, je savais encore écrire des posts qui se tiennent)
(c'est n'importe quoi ce blog)
(ça part à vaux-l'eau) (mais pas à vaux-en velin) (plutôt à veaux en vilain)
(et tutti quanti) (et caetera) (et alii)
(ça en branle pas une et ça se réfugie derrière une attitude rock'n'roll)
(maudit faux cul)
(punk à chien va!) (jean-foutre!) (désinvolte!)
Allez, bécots à toi, Love sur ta face (copyright Sonia), à tantôt.
06 juillet 2009
Le peloton de bêtes et l'echappée belle
Yep!
Ce week-end, pendant que d'autres étaient en train de ruiner leurs sous-vêtements, j'étais pas très loin de là où j'étais déjà il y a deux mois.
Pour un mariage. Je te rassure, c'était pas le mien, hein, je serais pas là à m'en vanter...
Et les mariages, tu sais ce que c'est, surtout quand c'est quelqu'un de la famille, ça s'annonce souvent pas très marrant, parcequ'il faut donner le change, être propre sur soi, donner des nouvelles à des arrières-grand-tantes que tu vois jamais et qu'en ont rien à foutre, que d'ailleurs elles se rappellent pas de ton prénom. Bref, on s'approche de la sinécure.
Alors on s'est dit "tiens si avant le mariage, histoire de se faire plaisir au moins une fois dans le week-end, on retentait l'ascension du Ventoux, mais cette fois-ci par le chemin encore plus dur, pour voir?" (on est cons, parfois).
Ce qui fût fait. Seul paramètre pas vraiment pris en compte, on était en juillet. L'été, si t'as été à l'école (ce dont je doute, vu ton air béat), tu sais que c'est plus vraiment le printemps. Rajoute 10 degrés à la température de début mai. Et que la route "un peu" plus dure, elle a cette tête-là:
Pour que tu comprennes (parceque tu me dis que t'as été à l'école, mais c'est vraiment pas l'impression que tu me donnes), en bas c'est les kilomètres et à gauche c'est l'altitude. Du coup, la courbe, c'est le dénivelé de la route.
"Ah ouais, quand même!" vas-tu me dire.
"Ouais, quand même!" vais-je te répondre.
Henri Dès le km 4, mon maillot est aussi humide que Nadine Morano à une convention des jeunes UMP.
Au km 10, on est tous trois d'accord sur le fait qu'il fait chaud, très chaud. Et que c'est bel et bien plus dur que la première fois.
Au km 12, Papa Shrops annonce qu'il n'a plus de jambes. Pourtant, la volonté et nos encouragements le pousse à continuer. Mais prudent, et n'ayant pas envie de redescendre les pieds devant, il se retire comme un prince au km 14. La déception de ne pas réussir ne doit pas lui faire oublier qu'il a déjà gravit une fois ce sommet mythique, et que désormais, chaque tentative supplémentaire n'est que bonus pour l'ego en cas de réussite.
Au km 15,5, nous profitons d'une pause pour échanger avec d'autres cyclistes qui semblent dans le même état que nous. L'avis est unanime, "putain de merde, on en chie! Et quel est le con qui a augmenté la clim?". Et ces enculés du restau d'altitude qui nous font payer la flotte! Pour info, une (sur)vie de cycliste coûte 50 cents.
Les 4 kilomètres suivants démontrent l'importance de rouler à plusieurs, et mettent en évidence la solidarité sportive dans l'épreuve. Par la force des choses, chacun devient le lièvre du suivant. Même s'il n'est pas question d'arriver premier ou dernier, le fait de ne pas voir défaillir ses compagnons de route aide à tenir, malgré la douleur. Les encouragements réciproques font du bien au moral qui tendrait naturellement à faiblir.
Le dernier kilomètre, lui, ne se gravit qu'à la force de l'ego. Cela fait longtemps que notre corps aligne les mouvements de manière automatique, que notre esprit est vidé de la moindre réflexion un temps soit peu construite. L'envie d'abandonner nous a submergé un nombre incalculable de fois, seule la volonté de réitérer ce qui pour nous est un exploit individuel nous porte. Et toujours cet objectif en ligne de mire, qui semble ne pas en finir de se rapprocher...
L'air torve ou béat, signes d'un épuisement certain...
Dans les 200 derniers mètres, l'émotion monte aussi lentement que je gravis les lacets. Il est désormais acquis que nous arriverons au sommet, mon compagnon restant et moi. La fatigue se joint à la douleur et à l'émotion, mes yeux ne retiennent plus les larmes qui se mêlent à la sueur. Un sentiment de fierté personnelle, la déception d'avoir perdu l'un des nôtres en cours de route, la joie de partager à nouveau ce moment avec ceux qu'on aime, c'est trop pour un seul homme. Rien n'est dit, mais je sais que le compagnon déjà arrivé au sommet tient dans son regard bienveillant ces mêmes sentiments.
Un coup d'oeil sur le spectacle grandiose qui nous est donné à voir, quelques congratulations à ceux qui ont peiné avec nous, et il faut redescendre. La descente, rapide, nous fait constater que les pourcentages annoncés expliquent les mollets qui nous lancent. Et renforce encore la satisfaction d'avoir renouvelé avec succès cette ascension légendaire, le sentiment de rentrer dans la caste privilégiée de ceux qui ont fait le Ventoux.
Ceux qui connaissent le Ventoux savent que la montée mythique (celle qu'emprunte le Tour de France) se fait par Bédoin, et qu'elle est encore plus difficile que les deux autres.
Peut-être notre ego nous poussera-t-il à vouloir tenter le Grand Chelem du Ventoux...

Le sang du Géant coule désormais dans nos veines
Pour finir, quelques plaisirs cyclo-littéraires. Parceque, comme dirait Grand Shrops, "on n'est pas (que) des bourrins":
Albert Londres, Les Forçats de la route (Arléa, 1996) (articles parus dans Le Petit Parisien en 1924)
Paul Fournel, Besoin de vélo (Seuil, 2001)
Philippe Delerm, Le tour de France et La bicyclette et le vélo extrait de "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" (L'Arpenteur, 1997)
02 juillet 2009
On a perdu la boule à Fawcett
Yep!
Aujourd'hui, un post sur les reprises et les influences, avec des morts, des vivants, des morts-vivants, de la musique, des vidéos, du bon et du moins bon, un vrai Thriller.
Toi aussi ça te gonfle tout le barnum qui est fait depuis une semaine autour de la mort d'un mec qu'a trop pris de bains à l'eau de javel?
Ca tombe bien, moi aussi. Parceque j'ai quand même envie de dire "bon, hein, ouais d'accord, mais après?" C'est vrai, on va quand même pas lui dire "je veux que tu reviennes!". D'autres se chargent de reprendre ça en acoustique:
Donc "bon, hein, ouais d'accord, mais après?"
Eh ben après, y'en a d'autres qui sont passés à la trappe le même jour. Déjà que passer à la trappe une fois c'est pas drôle, mais quand en plus ta disparition est occultée par une autre, ca devient franchement pas marrant.
Parceque quand même, l'alsacien que je suis presque a été peiné (ou pas) d'apprendre la disparition de la reine de la choucroute...
Et surtout, jamais deux sans trois, le même jour, on a perdu Sky Saxon.
C'est en général à ce moment-là que tu me dis "putain Jack, t'as trop de culture pour moi on s'en fout de ton inconnu".
Et je te répondrai que t'as pas à t'en foutre (ou alors si, mais tu le dis pas, j'ai un post à termminer, merci). Parceque ce type-là, c'était quand même le leader des Seeds, un groupe de garage rock des années soixante qui a vachement influencé le rock par la suite. D'abord parcequ'ils ont commis ça
Chanson qui a d'ailleurs été reprise par les plus grands, ce qui fera plaisir à l'autre hystérique
Mais aussi (et surtout), par Alex Chilton, gros précurseur musical aussi, dans une version que je trouve magnifique
Et tu sais quoi, Alex Chilton, c'est un peu celui qui a permis au Cramps d'émerger, parcequ'il les a produit à leurs débuts. Les Cramps, j'aime beaucoup et j't'en parlais récemment, dans un contexte pas plus jouasse, d'ailleurs. D'ailleurs, si t'écoutes bien Chilton et les Cramps, tu verras qu'il y a plein de similitudes. Mais je vais pas te mâcher le travail, c'est à toi de jouer maintenant.
Tout ça pour dire que les influences, ça va ça vient, et que peut-être le roi du pop corn pour enfants a lui aussi influencé d'autres musiciens au niveau du physique. Et c'est pas forcément ce qu'il a fait de mieux.
A tantôt!


