Bon, on en est là, c'était malheureusement prévisible et c'est la deuxième fois en peu de temps.

Avant toute chose, est-il besoin de préciser que je sais faire la distinction entre ennemi et adversaire. Que la question de lutter contre le fascisme ne se pose pas pour moi. Qu'il y a un candidat "moins pire" que l'autre (dans les guillement, inclure la loi travail passée au forceps, ce n'est pas rien pour du moins pire).

Mais je commence à être hérissé par le moins pire. Surtout quand on me le présente comme la seule alternative possible, comme si c'était inéluctable, et qu'on ne pouvait rien faire d'autre, de mieux. Cet aveux de faiblesse, cett abdication me laissent pantois.

Soyons clairs, ca m'angoisse, ca me pose question, c'est loin de me réjouir, je suis pas sûr de mon attitude, mais je crois que chacun est assez grand pour décider ce qu'il y a à faire, sans avoir besoin de la suplication, de l'injonction (toute bienveillante soit-elle), de la culpabilisation, du chantage, voire de la menace ambiante.

Lâchez nous la grappe avec vos certitudes, et posons-nous au moins quelques questions:

Qu'est-ce qu'on a fait depuis 30 ans pour en arriver là?

Qu'est-ce qu'on a retenu de la leçon de 2002 et de l'attitude qui a suivi?

Qu'est-ce qu'on a fait au quotidien pour éviter cette dérive droitière?

Quand est-ce qu'on remettra en question nos petits accomodements journaliers (et journalistiques) avec un discours de plus en plus nauséabond?

Est-ce qu'on va continuer longtemps à se faire peur comme ça?

Qu'est-ce qu'on fait pour endiguer ça?

Vraiment, je veux dire, pas une indignation de 15 jours tous les 15 ans (indignation de moins en moins forte d'ailleurs, ou seulement de facade, signe d'une accoutumance qui m'horrifie).

Rendez-vous le 8 mai au matin, avec une gueule de bois plus ou moins forte. A chacun de choisir librement son alcool, en toute connaissance de cause et en tout état de cause.