Jack Larsen & The Phlegmatic Ugly Ponies

25 janvier 2012

Lisboa

Y'a des jours comme ca où t'as rien envie d'écrire.

Rien à dire, même pas la verve pour ne rien dire mais le faire pas trop mal. Et pourtant l'écriture te manque. Celle qui sort instinctivement, celle que tu corriges mais à peine avant de la livrer en pâture à ton propre jugement. Et que parfois tu oses "publier". Cette écriture-là te manque, et pourtant elle ne revient pas, comme si elle avait déserté. Esseulé, tu attends, tu tentes d'aligner quelques mots, espérant le retour de la bien-aimée écriture viscérale, sans savoir si elle a juste pris le large un moment ou disparu à jamais.

Et puis tu tombe sur une douceur musicale. Une perle solitaire, seule production visble d'une groupe inconnu.

[Monomanie musicale en cours d'extinction]

[Retour à l'eclectisme tant défendu]

Comme c'est trop lourd à garder pour toi, tu la partage comme on pleure sa solitude, presque faute de mieux, pour éviter de sombrer seul dans les abîmes de la mélancolie. Comme un spleen délicat, mise à nu d'une douceur ténue, sentiment agréable autant que frustrant.

En attendant de retrouver l'envie d'écrire.

Et si c'était doucement en train de revenir?

Posté par Jack Larsen à 12:29 - - Commentaires [3]


03 janvier 2012

Mes morveux

Yep!
Aujourd'hui, un billet à caractère résolutif. Ou presque.

Ce serait bien vu que j'te souhaite une bonne année, lectorat. Ce serait de circonstance en tout cas. Ben tu vois, j'ai pas très envie d'être de circonstance, parceque soyons honnêtes, c'est un peu surfait tout ça. Je ne me lancerai pas pour autant dans une campagne de dénigrement des voeux de nouvelle année, même si c'est tentant. Juste que comme d'autres, je suis sceptique quant à l'intérêt de souhaiter la bonne année aux gens. Pour faire simple, souhaiter les voeux, ca me semble être du même acabit que souhaiter bon appétit; ca sert a rien et ca rend pas les navets plus goûtus...

Alors on va faire simple: J'te souhaite une année. De 12 mois (plus, ce serait de la gourmandise). A toi de la remplir. Et éventuellement de la rendre agréable, si t'es motivé(e).

J'te souhaite une année, parceque les pessimistes personnes sensées pensent que c'est la dernière. Et c'est pas qu'ils ont raison, mais j'voudrais pas leur donner tord, sans aller jusqu'à soutenir des thèses aussi farfelues qu'hypothétiques.

J'te souhaite une année, parceque chaque chose en son temps, soyons pas plus royalistes que le roi, pierre qui roule n'amasse pas mousse, la vie appartient à ceux qui se lèvent... Et ma main dans ta gueule, tu la veux oui? Bref, une année c'est déjà long et dense, alors hein.

[on se comprend]

Ah oui, autre chose. Il paraît qu'en début d'année il est de bon ton de faire des voeux et de prendre des résolutions.

Alors pour les résolutions, bah j'vais éviter, parceque comme tout le monde, je sais que j'les tiendrai pas, ne soyons pas hypocrites. Peut-être que j'arrêterai la clope pour faire plaisir à ma mère retrouver mes poumons et arrêter cette addiction débile. Mais j'vais pas me foutre la pression.

Et pour les voeux, bah des chouettes projets avec des gens que j'aime (ca c'est déjà programmé), et pour le reste, bah écoute la musique.

[penser à changer d'idole]

Allez, à tantôt et porte-toi bien.

Posté par Jack Larsen à 11:29 - - Commentaires [10]
08 décembre 2011

C'est d'jà pas mal pour Mumia Abu Jamal

Yep.
Aujourd'hui, un billet à caractère abolitionniste mais cocasse.

Bah oui, t'as pas fini d'en entendre, du Prince Miiaou, tellement c'est parfait.

On peut se réjouir, mais n'oublions pas qu'il reste enchainé...

J'étais parti pour te causer sérieusement d'un truc sérieux, à base d'info qui m'a fait plaisir même si c'est qu'une petite victoire par rapport à l'ampleur de l'affaire. Un truc sérieux qui m'a immédiatement fait penser à quelqu'un de proche qui fut l'un de mes maîtres à penser quand je n'était encore qu'un jouvenceaux ignorant. Quelqu'un qui m'a appris, maladroitement peut-être mais avec conviction qu'il était vital de s'indigner contre l'injustice. Contre toute forme d'injustice.

Non, je ne te parle pas de cet indigné-là.

Je pense à Grand Schrops, mais aussi à Robert Badinter et à Albert Jacquard (il n'y a pas de hiérarchie dans les gens qui nous construisent). Et bien sûr à Mumia Abu Jamal, symbole malgré lui d'un combat nécessaire.

Et puis j'ai trouvé que c'était très personnel, toutes ces affaires de petites satisfactions quand une cause à laquelle on croit (même de manière larvée, sans la brandir en leitmotiv). Que ca fait pas beaucoup avancer le schmilblick de se réjouir plutôt que de se battre et que très certainement, des gens bien plus au fait que moi sur le sujet t'en parleront bien mieux que moi.

[perche tendue à Grand Schrops, si t'es motivé pour écrire une bafouille là-dessus, j'en serais aussi honoré que ravi]

Du coup, bah je sais pas trop de quoi te causer, alors on va être légers.

L'aut'jour, j'ai reçu ça sur ma boite à émiles de l'internet électronique.



D'après toi, j'ai eu quelle réaction? (plusieurs réponses possibles)

1- Oh super, je vais envoyer ma recette de tajine de poulet aux raisins et abricots!

2- Hop, poubelle.

3- Hahaha, ils envoient des mails vachement ciblés, ils ont bien lu mon blog, merci canalblog.

4- Ha ben c'est con, du 9 au 11 décembre, j'ai ma compétition de poney, je pourrai pas y aller, dommage!

5- Prout.

(Pour t'aider, je te rappelle, lectorat, que j'ai failli transformer ma "cuisine" en atelier, tellement elle m'est utile)(la raison m'a fait considérer que pour se faire des pâtes au beurre ou des escalopes de volaille, ca pouvait quand même être pratique de conserver un frigo et une gazinière)

[A vous les studieux]

Je t'avais prévenu d'un vague concours, j't'ai jamais dit qu'il serait bien hein...

Posté par Jack Larsen à 12:22 - - Commentaires [2]
18 novembre 2011

La belle jolie nouvelle

Yep, aujourd'hui, un billet à caractère monomaniaque.

[digression: t'as vu que j'ai arrêté avec les "mais pas que"? C'est mieux non?]

L'autre jour, une lectrice (un jour faudra que j'te parle d'elle d'ailleurs)(et du fait que mon lectorat diminue sans doute)(et du fait que mon lectorat, qui diminue, est constitué essentiellement de filles, j'ai l'impression)(dont quelques unes à tendance groupie)(t'as vu comme je noie le poisson?)

[on a du pain sur la planche]

L'autre jour, une lectrice, donc, me faisait part de son désappointement quant à mon absence ici-même, et que si ca continue, mon lectorat déjà pas bien nombreux risque de se lasser et de partir. Ce à quoi je lui ai répondu que je n'avais rien a dire, que j'trouvais pas de sujet de billet. La page blanche dans ma tête quoi. La solution à cette page blanche, si t'es un minimum linguiste, se trouve dans Fill the blank with your own emptiness.

[CQFD]

En vrai, promis que ca me chagrine, mais j'arrive pas à avoir le déclic habituel qui fait que d'une situation j'arrive a faire un billet qui soit marrant / intéressant / intriguant / emouvant / chiant. Et que j'ai l'impression d'avoir fait le tour d'un certain style d'écriture que je n'arrive pas à renouveler. Bref, j'arrive pas, et ca m'embête d'autant plus que j'aime pourtant écrire.

Mais histoire que tu partes pas tout de suite, lectorat, je m'en vais te narrer une histoire rigolote. (Phrase putassière a souhait)(après une intro déjà longue comme une semaine de sept jours)(Jack file un mauvais coton)(et parle de lui-même à la 3ème personne, sa schyzophrénie ne s'arrange pas)

Une histoire rigolote donc.

L'aut'jour (pas autre que hier soir en fait), j'ai été dans mon bistrot préféré. Préféré parceque les gens y sont sympa (1 point chaton spirit), que la musique qu'ils passent est plutôt bonne, qu'il y a souvent des concerts de qualité, et que tu peux y boire plein de bières, tout le monde s'en fout, bref, un bistrot valable quoi. Un bistrot valable aussi parceque hier soir, jour du beaujolais nouveau, c'était soirée à thème, avec blind test. Et comme c'est des gens valables, le thème c'était "poubelle", rapport que quitte a boire du mauvais pinard, autant écouter de la mauvaise musique...

[Mais venons-en au fait bordel!] (le gros mot, c'est juste pour affirmer une attitude rock'n'roll, histoire de te faire passer la pillule de guimauve qui va suivre)

Pour ce blind test, j'ai donc fait équipe avec des inconnus, dont une fille qui m'a vachement plu. De jolis yeux, une bouche fine, un visage sec mais plein de charme, de fins poignets mignons. (un jour je te parlerai de mon attrait un peu bizarre pour cette partie du corps féminin, y'a bien des fétichistes des pieds, des amateurs de seins, ben moi c'est les poignets).

Bref, une jolie fille, dont j'ai eu du mal à défaire mon regard. Ce n'est qu'en sortant fumer un clope, au bout de 1h, que j'ai compris pourquoi.

Elle ressemble vachement a... LE PRINCE MIIAOU


[nevrose obsessionnelle]

A tantôt, avec peut-être bien un concours. Faut juste que je trouve la question, et le lot a remporter, c'est comme si c'était fait quoi...

Posté par Jack Larsen à 10:42 - - Commentaires [6]
11 octobre 2011

Le Prince Miiaou, félin royal

Yep.
Aujourd'hui, un billet musical à caractère éhontément admiratif.

Tu sais que j'me présente pas vraiment comme un avant-gardiste en terme de culture. Et ca tombe bien, parceque présentement je vais te parler d'un album qui est sorti il y a plus de 6 mois, et ce n'est pas un coup d'essai. J'aime autant te prévenir, je suis complètement amoureux, je me passe le disque en boucle, je le considère et de loin comme étant ce que j'ai entendu de mieux depuis bien longtemps. Sans doute parcequ'il fait ô combien echo en moi, synthèse parfaite de tout ce que j'aime musicalement.

PrinceMiiaou

Si tu veux l'écouter, tu vas là. Mais surtout, tu t'empresses d'aller l'acheter!

Cet album est la (auto)production quasi-exclusive (du moins en groupe aussi restreint que familial) d'une jeune fille d'apparence frêle et timide dotée d'un caractère trempé dans l'acier. Une bête d'assimilation dans la peau d'une jeune fille chétive qui nous livre une perle de composition, au textes aussi acérés que ses riffs et ses feulements. Une fille apparement sage mais capable de partir en vrille pour notre plus grand plaisir. Ou quand les gens sont plus complexes qu'il n'y parait. Ou quand les gens sont encore capable de nous surprendre, Le Prince Miiaou excelle dans le jeu du chat qui se déguise en souris. Passage en revue d'un pur joyaux.

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J'ai deux yeux, seul titre en français. Texte sombre sous une musique résolument entrainante. Des cassures de rythme, de la batterie à tout rompre, il y a du Arcade Fire dans ce Prince Miiaou.

Be Silent, énergie retenue sous peine d'exploser en vol, un duo basse-batterie qui fonctionne à la perfection, un titre fait pour le live. Il y a du Gossip dans ce Prince Miiaou.

I don't know my name. Une première moitié guitare-voix, et quelle voix! Toute en rage contenue et feulements libérateurs. Et une explosion finale au riff acéré. Sans doute ma chanson préférée de l'album. Il y a du PJ Harvey dans ce Prince Miiaou. Mais il y a surtout de la subtilité et de la nuance, et c'est encore ce qui lui va le mieux.


Bugs, la balade calibre 22 long rifle. Ou comment tuer par la douceur. Il y a du Cat Power dans ce Prince Miiaou.

Turn me off, sans doute le tube de l'album. Un titre complètement dingue, du paradoxe entre des textes sombres et une musique joyeuse bien entourloupée à souhait. Vas voir le clip, c'est très joli, rigolo et plein d'auto-dérision. Il y a du Florence and the machine dans ce Prince Miiaou.

A story of devotion. Un texte sublime sur la difficulté de l'être, caché par une musique Kings of Leonesque.

Fill the blank with your own emptiness. Après une minute de quasi-blanc astral, le titre éponyme de l'album démarre. Et c'est à pleurer tellement c'est subtil. Voix aérienne d'une douceur infinie, mélodie qui prend les tripes, et explosions mesurées, un titre magnifique. Il y a des Pixies dans ce Prince Miiaou.

I love nobody, le chat malhabile se dévoile dans un titre qui balance entre répétition, brisure de rythme vocal, et refrain prfaitement maitrisé. Il y a des Zutons dans ce Prince Miiaou.

Hollow hero, le titre anglosaxon par essence. Ou quand les rockeuses se mettent au folk, il leur reste un vieux fond qui les oblige à faire des morceaux rugueux, pour le meilleur. Il y a clairement du Feist dans ce Prince Miiaou.

Down in the hell. Peut-être un peut trop évident. Mais avec toujours cette énergie et cette volonté de ne pas être où on l'attend. Il y a du Santogold version "I'm a lady" dans ce Prince Miiaou.

Easy target, le titre obscur, expérimental et planant qui à mon sens ce titre aurait dû clôturer l'album par sa puissance. J'y retrouve le Massive Attack de 100th window, et le défi relevé est remporté haut la main!

We both wait, est du coup un peu anihilé par le titre précédent. Mais terminer par un titre buccolique reste plaisant. Il y a, c'est certain du Cat Power dans ce Prince Miiaou. Comme quoi, il n'y a pas de coincidence...

Il y a de plein de choses dans ce Prince Miiaou. Et bien d'autres encore, comme du Morcheeba, ou encore du Black Rebel Motorcycle Club, sur l'album Howl. Il y a surtout quelque chose qui n'appartient qu'à elle, une formidable capacité à émouvoir. Je crois que c'est ce que certains appellent le talent.

Le Prince Miiaou a clairement des influences, mais sait parfaitement s'en extraire pour produire des chansons qui, à son image, ne vont jamais où on les attend. Paroles de malaise et de lutte permanente avec soi-même, musique parfaitement maîtrisée, le tout dégage une folie douce-amère absolument délicieuse. Inssaisissable, magnifique, retenu et explosif à la fois, le Prince Miiaou feule dans les oreilles et griffe le coeur. Le Prince Miiaou est un félin fêlé de sang royal.

T'étais prévenu(e), je suis groupie complet. Prince Miiaou, continue à ne pas ronronner, ne m'épouse pas! (quoique)

Posté par Jack Larsen à 14:18 - - Commentaires [4]